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Ouessant

Ouessant

Récit de la navigation sur le First 31.7 Gourlano en juillet 2021


Samedi 17 juillet 2021

Nous avons prévu de partir à 8h pour profiter d’un bon vent qui aurait dû nous pousser jusqu’à la pointe de la Bretagne. Il est 10h en fait quand nous larguons les amarres. Le vent montre d’abord une bonne volonté de coopération, puis lâchement nous laisse tomber, ainsi que nos rêves de performances. Il est 15h quand nous passons la Teignouse. Notre objectif est maintenant Port Tudy sur l’île de Groix qui nous rappellera un beau séjour que nous y avons fait en juin.

En route, le bateau reçoit la visite d’insectes, de quelques mouches, mais aussi de petites bestioles rampantes, des bourdons aussi. Qu’est-il donc arrivé à notre bateau ? Est-il infesté de cafards, de blattes et d’autres insectes désagréables ? Dans un premier temps, nous les invitons à reprendre la direction des airs gentillement. Mais leur nombre croissant nous inquiète et nous métamorphose en tueurs de mouches sans pitié. Tac, tac, chacun s’y met pour réduire cette population indésirable qui s’est invitée à notre bord sans autorisation.

Des petits dauphins nous accompagnent, puis se dispersent rapidement vers d’autres centres d’intérêts. Nous croisons aussi des bandes d’oiseaux que nous ne voyons pas d’habitude.

A 19h, nous nous présentons enfin devant Port Tudy très encombré. Le petit zodiac vient à notre rencontre et nous trouve une place juste libérée entre des rangées de bateaux au coude à coude.

Nous nous accrochons à un Océanis 350. Puis pour contrer les différentes forces, nous lançons nos amarres à un Dufour 383 pour limiter notre danse.

Le vent souffle du nord-est et s’engouffre sans obstacle dans le port. Et quand le ferry se tourne au raz de nos bateaux, l’agitation est à son maximum et les bateaux ne sont pas loin de se faire des câlins trop forts.

Les propriétaires de l’Océanis 350 viennent également de La Trinité. Autour d’un verre, ils nous expliquent qu’ils ont aussi rencontré des nuées d’insectes. Ils ont aussi cru voir des bancs de sardines qui seraient à l’origine de cette pullulation.



Dimanche

Ce matin, nous sommes prisonniers des bateaux qui nous entourent. Impossible de partir quand nous sommes prêts. Nous prenons notre mal en patience jusqu’à ce que le personnel du Port Tudy nous pratique une ouverture suffisante pour que nous puissions nous échapper.

Dès la sortie du port, la grand voile est hissée. Avec le génois, le bateau prend tout de suite une belle vitesse vers l’Ouest.

Mais la pointe de l’île de Groix nous retient et nous coupe complètement le vent. Nous en profitons pour prendre un bain à tour de rôle. L’eau est d’abord fraîche, mais après quelques brasses, elle nous fait du bien en nous permettant de bouger, ce qui est très limité sur un bateau.

Pendant le repas pris dans le carré, nous surveillons régulièrement les alentours en montant dans le cockpit. Lors d’une sortie, je découvre Le Bellot qui passe à côté de nous et que je n’ai pas vu venir. Le Bellot est un grand navire de croisière à taille humaine. Il a même un air sympathique et ressemble à un vrai bateau ! Mais avec ses 131 mètres de long et sa vitesse de croisière de 13 nœuds, ses marges de manœuvre pour nous éviter sont limitées. 

L’après-midi, Eole revient par l’Ouest et nous oblige à faire du près serré qui nous éloigne de la route directe. A la hauteur de Concarneau, nous sommes contraints à une succession de virements au milieu du flot de voiliers et bateaux à moteur qui reviennent d’une journée passée aux Glénan.

Martine et moi avons déjà descendu l’Odet à partir de Quimper jusqu’à Bénodet. C’est donc la première fois que nous rentrons dans cette rivière par la mer. Les tourelles et les balises nous confirment qu’il faut être vigilant.

Sainte Marine est située sur le côté Ouest de la rivière. Le port offre des places visiteurs au ponton, ce que nous convoitons, maintenant que nous n’avons pas mis pied à terre depuis 36 heures.

Les crêperies et restaurants sont complets sauf l’établissement situé un peu plus haut qui nous sert des moules et une crêpe. Après une bonne douche, nous passons une nuit tranquille légèrement bercés par le ressac.


Lundi

Nous larguons les amarres de bonne heure. Le bateau descend la rivière et nous laisse admirer les belles maisons avec les pieds dans l’eau. A la sortie de la rivière, il faut passer au milieu du lit balisé par les bouées vertes et rouges cachant des hauts-fonds qui pourraient interrompre vite fait le voyage.

Le bateau se met face au vent pour que nous puissions hisser complètement la grand-voile et sortir le génois. 4 nœuds, 3 nœuds nous dirigent maintenant vers le raz de Sein. Ce que nous confirmons au téléphone au cousin Didier que nous avons raté hier.

Une heure plus tard, la vitesse a chuté, moins de 2 nœuds et remet en cause le projet du jour.

Dans un premier temps, nous mettons le cap sur les Glénan, puis après réflexion nous choisissons Lesconil pour la prochaine étape. Lentement, mais sûrement, le bateau s’avance vers le petit port. A midi, nous rentrons par marée haute et nous nous installons sur le ponton visiteurs où plusieurs places sont encore disponibles.

Nous déjeunons à l’intérieur du bateau pour éviter les dards du soleil. Après une sieste paresseuse, nous visitons le marché qui s’est installé sur le port et allons nous baigner sur la plage à l’Est du port. C’est bien la première fois que je trouve que l’eau est trop chaude en Bretagne.

Nous dînons à la Cantine de la mer qui est une véritable institution sur le quai de Lesconil.


Mardi

32° nous écrasent. Nous sommes immobiles dans les entrailles du bateau en attendant que le soleil perde sa puissance.

Ce matin, nous avons décidé de rester un jour de plus dans le port de Lesconil à la pointe sud-ouest de la Bretagne. Aller plus loin vers l’Ouest, vers Ouessant n’est maintenant plus réalisable. Et puis, nous nous plaisons dans ce petit port oublié du tourisme de masse. Le capitaine du port nous a prêté deux vélos ce matin. Nous sommes partis à la découverte du patrimoine de l’arrière pays. Nos montures ont fait halte à Ploubannalec. L’église de la fin du 19ème nous a montré quelques beaux vitraux, représentant toutes sortes de saints dans un style réaliste, le tout avec force explications en breton. Si l’ensemble du bâtiment est assez classique, le clocher s’élance vers les cieux dans un style très régional et chargé.

La mairie et la maison des associations sont hébergés dans un bâtiment plus ancien avec une belle porte cochère et une porte piétonne.

Au café du pays, nous avons apprécié le cidre bien frais.

Sur le retour, nous nous sommes arrêtés dans la grande surface pour préparer le retour du bateau que nous imaginons avec une halte nocturne aux Glénan.

En revenant à Lesconil, nous longeons la plage à l’Ouest. Plusieurs hôtels regardant la mer sont à l’abandon. La mise aux normes a eu raison de leur survie bien qu’ils bénéficient d’une situation exceptionnelle.

Nous sommes sur la plage quand notre fils Thomas nous annonce qu’il reprendra le bateau deux jours plus tard que prévu ce qui nous ouvre de nouvelles perspectives.


Mercredi

Le réveil sonne à 6h. Pour sortir du port de Lesconil, il faut être parti 2 heures avant la marée basse ou alors attendre 2 heures après la marée basse.

Aujourd’hui, nous voulons mettre toutes les chances de notre coté pour rallier Ouessant. En général, ces derniers jours, le vent est présent le matin, puis se fait discret en milieu de journée pour revenir en début de soirée.

A 7h, nous montons donc la grand voile et libérons le génois qui nous tirent à bonne vitesse. Passé le cap d’Eckmühl, nous sortons le spi léger qui nous permet de maintenir la cadence jusqu’au raz de Sein. A midi, le vent a tellement faibli qu’il nous faut ranger le spi et le remplacer par le moteur.

Pour passer le raz de Sein, il vaut mieux le doubler à l’étale quand les courants s’annulent. Nous sommes en avance, mais le courant est dans le bon sens. Nous nous engageons comme d’autres bateaux de notre taille. Au nord, le courant est tellement important qu’il nous faut vérifier la trajectoire du bateau avec nos instruments électroniques pour éviter l’îlot de Tévennec.

Passé le raz de Sein à 13h, nous tentons l’option Ouessant pour de bon. Le moteur est mis à contribution et les milles sont avalés sans problème.

A 4 milles d' Ouessant, un contre courant réduit notre vitesse effective de moitié. De plus, il nous faut corriger le cap qui est malmené sans cesse.

Heureusement, le vent revient et nous permet de doubler le phare de la Jument honorablement.

A 21h, nous jetons l’ancre près de l’ancien port de Lampaul à côté de plusieurs dizaines de bateaux qui sont attachés à des corps-morts ou sur l’ancre.


Jeudi

Près de Yusin, les roches évoquent des personnages et des animaux figés. L’eau transparente caresse les rochers en contrebas. Des cris perçants sont lancés par les oiseaux de mer en recherche de nourriture pour leur progéniture. Ici et là, des récifs sont à l’affût de bateaux imprudents qui voudraient voir la côte de trop près. Au loin, une coque blanche cherche l’entrée du port. Le phare du Créach attend le soir pour reprendre du service.

C’est jour de repos après notre longue journée de navigation. Le soleil est toujours au travail, mais quelques nuages duveteux essaient de s’interposer. La température est agréable, avant le changement de temps prévu demain avec de la pluie pour deux jours de rang.

Nous avons commencé la journée par notre pèlerinage à la Duchesse Anne, le petit hôtel au-dessus du port où nous revenons régulièrement depuis 40 ans. Une main intelligente a redessiné le rez -de-chaussée en l’ouvrant sur le paysage. Une jeune équipe tient maintenant ce bel hôtel idéalement situé.

Nous avons divagué dans le bourg à la recherche de terrine de bernique, du far breton et de quoi pique niquer au dessus de la falaise. Mais, nous n’avons plus trouvé de vélo qui nous aurait permis d’aller rapidement d’un bout à l’autre de l’île. C’est donc à pied que nous avons trouvé des rochers pour nous protéger du soleil.

A la plage de Yusin, Martine s’est jetée dans l’eau après quelques hésitations. La température est tout de même nettement plus fraîche qu’en Sud Bretagne. Une fois immergée, elle n’a pas hésité à s’aventurer un peu plus au large. Je suis resté prudemment sur le bord prêt à partir à son secours si besoin.

A quelques mètres, des goélands bruns et argentés profitent des algues en décomposition qui hébergent des petits animaux.

Ondine Morin nous a présenté le bourg de Lampaul sous l’angle des légendes. Partis de l’église, nous avons traversé le cimetière,nous avons longé les maisons penchées qui ont été construites sur des terrains marécageux, devant la grande croix, puis sur le port, tout en racontant les légendes qu’elle a recueillies. La journée s’est terminée au restaurant du Fromveur.


Vendredi

Un BMS est annoncé sur mon tél à partir de 16h, un vent de force 7 Ouest va souffler jusqu’à samedi. Nous n’avons pas le choix, il faut interrompre notre escapade ouessantine et partir sur le champ.

Le port de Lampaul est exposé à l’Ouest et n’est pas recommandé par fort vent d’Ouest. Les ports les plus proches sont Le Conquet, Camaret, Morgat, Audierne. Nous choisissons ce dernier qui nous place sur notre route du retour et devrait nous permettre de terminer notre voyage avec une dernière étape.

La sortie de la baie de Lampaul se fait au moteur, mais dès que nous pointons notre nez à la sortie, les voiles veulent passer à l’action.

Dans un premier temps, le vent est timide et a presque du mal avec notre GV avec un ris.

A partir de midi, nous mettons un 2ème ris, puis le vent forcit sur l’anémomètre, nous constatons la progression 25 nœuds, 30, 35, 40 nœuds. Nous enregistrons même une pointe à 45 nœuds. Le génois est au minimum et la GV est détendue. Nous filons à 8 à 9 nœuds avec des surfs à 14 nœuds.

Nous sommes tous les deux attachés dans le cockpit. La gîte parfois importante a délogé les casseroles à l’intérieur. La cuisinière sur cardan s’est bloquée de travers. Mais le bateau ne montre pas de limites de sécurité. Cependant je me pose des questions sur l’intensité et la durée du phénomène météorologique qui s’est manifesté plus tôt que prévu.

Cap au sud pour nous pour virer la pointe de la chaussée de Sein avant de reprendre la direction Est pour Audierne. Nous sommes en train de préparer l’empannage quand le bateau le fait tout seul. Merci au frein de bôme qui a atténué la violence de la manœuvre. Martine qui était prévenue du danger est indemne. Moi, je suis un peu sonné par le passage de l'écoute de la GV.

Je modifie la consigne du pilote automatique : 120 °. Les vagues étant très agitées, je décide de prendre la barre. Martine m’informe que nous nous dirigeons sur des cailloux en consultant la carte électronique devant la table à carte.

Je remets vite le pilote et constate que le courant nous a dévié et que notre cap réel est 90°, soit au nord de la chaussée de Sein. Que faire ? Rebrousser chemin pour revenir sur la cardinale marquant le début des dangers ? Nous sommes deux heures avant la pleine mer. Je prends la décision de traverser la chaussée de Sein dans une zone sans danger affleurant. La profondeur est d'une dizaine de mètres au début de cette pointe et les roches émergeantes sont encore à 2 milles devant nous. Nous n’avons donc pas de risque de toucher un rocher.

Qu’elle m’a paru longue cette traversée de la chaussée de Sein et la mer anormalement agitée ne m’a pas plus rassurée. Mais techniquement parlant, notre bateau devait pouvoir la franchir sans périr. 

Une fois traversée, la mer était devenue plus calme. Mais voilà que des grêlons de la taille de grosses cerises nous tombent dessus. Je dois me protéger la figure pour éviter ceux qui rebondissent sur le bateau dans ma direction.

Et après la grêle, c’est une pluie diluvienne qui me trempe complètement malgré la qualité de ma salopette et de ma veste.

Puis, l’orage que nous entendons depuis quelques temps, se rapproche. Les éclairs sont maintenant suivi rapidement de coups de tonnerre qui n’en finissent pas. Le grondement se prolonge parfois pendant plusieurs dizaines de secondes. Sans paniquer, mon équipière n’est pas rassurée.

L’humidité à l’intérieur du carré nous gêne pour lire les instruments de navigation. J’ai du mal à essuyer la buée de mes lunettes. 

Vers 20h, nous entrons dans la rivière d’Audierne. Martine à la barre suit les instructions que je lis sur les instruments électroniques, le tout sous une pluie aussi diluvienne. Le chenal est très étroit et il est vivement conseillé de ne pas s’en écarter pour ne pas en conserver de mauvais souvenir. Par mi-marée, nous avançons doucement en surveillant le gps et le sondeur. Celui-ci est descendu à 3 m quand notre tirant d’eau est de 1.90 m. A marée haute, la navigation est plus sereine.

Au port, il n’y a plus de place libre au ponton. Nous nous mettons à couple. Il nous faudra une journée de récupération avant de repartir. 


Samedi

Au marché d’Audièrne, nous avons pris des tomates, des fraises et du far que nous avons goûté au bar avec du cidre. Le sèche-linge de la laverie du port nous a aidé à retrouver une situation saine dans notre garde robe.

Et ce soir, nous avons mangé des crêpes dans la crêperie qui a été consacrée meilleure crêperie de Bretagne.

Demain, objectif Port Louis.


Dimanche

Audierne – Port Louis 60 milles.

Réveil à 6h, nous décollons à 6h30 et nous levons les voiles à 7h.

Le vent arrière nous oblige à nous écarter de la ligne droite. Dans un premier temps, le vent léger nous pousse à peine à 4 nœuds. Martine prend le petit déjeuner à l’intérieur, et ça ne lui réussit pas. Du coup je vais attendre avant de lancer le spi le doublement de Penmach. Quelques dauphins viennent croiser leur route avec la nôtre, mais ne s’attardent pas.

Avec le spi, nous arrivons à avancer lentement jusqu’à l’île aux Moutons.

Puis au moment de nous abandonner complètement, le vent revient sérieusement et nous propulse à plus de 7 nœuds. Quand le vent dépasse les 20 nœuds, nous prenons un ris et réduisons le génois.

Au vu de l’île de Groix, les nuages gris et les orages reprennent. La vie devient plus compliquée surtout à l’approche du chenal quand il faut être précis sur la fin de cette route avec la proximité des autres bateaux. Nous descendons les voiles juste devant le port de Port Louis et nous installons en double d’un Dufour 40 basé à la Rochelle et qui va faire du cabotage jusqu’à Saint Malo.

Nous trouvons une table avec des moules dans la vieille ville avant de faire la promenade du tour des remparts.


Lundi

Changement d’équipier. Mon fils Thomas et Seb viennent prendre la relève de Martine pour l’ultime étape pour revenir à La Trinité. Nous levons les voiles vers 12h30. Un bon vent de travers nous laisse filer jusqu’à la Teignouse sous GV et génois complètement déployés.

Dans le chenal de la Teignouse, notre voilure n’est pas optimisée et nous nous laissons rattraper par un bateau avec un beau spi bien déployé. Dès que la dernière balise est doublée, nous visons La Trinité avec un dernier bord de travers. Nous arrivons dans le chenal à 17h05 avec une belle performance : 4h30 pour venir de Port Louis et 50 mn pour traverser les 7 milles de la baie de Quiberon depuis la Teignouse.


François Kammerer


Pratique :

Coûts : Une nuit dans un port de Bretagne Sud en haute saison coûte environ 28 euros pour un First 31.7. Les 24 corps morts de Ouessant sont gratuits, il y a des toilettes dans le port, mais il n’y a pas de douche, il faut aller au camping.

Energie : Nous avons utilisé 15 litres de gasoil pendant notre périple. De manière générale, nous n'avons pas mis le moteur même quand le vent était complètement tombé. Nous avons essayé de mettre à profit ce répit pour une séance de baignade autour du bateau. Par contre,, nous avons dû mettre le moteur quand nous sommes allé de Lesconil à Ouessant avec la chute du vent après le raz de Sein. Grace à notre panneau solaire, nous n’avons pas eu besoin de faire de recharge électrique au moteur.

Eau : le réservoir de 150 litres d’eau a été rempli à Sainte Marine, puis à Port Louis. Nous avons donc utilisé environ 30 litres par jour. Nous avions aussi un jerrican de 5 litres pour l’eau potable plus quelques bouteilles d’un litre.

Météo : les prévisions ont unanimement annoncé des vents très faibles jusqu’à vendredi. Des vents d’Est dans un premier temps, puis une bascule avec des vents d’Ouest : l’idéal pour faire un aller-retour de la Trinité à Ouessant. Vendredi, j’ai découvert le BMS quelques heures seulement avant son déclenchement. Si j’en avais eu connaissance la veille, nous serions partis à l’aube, nous aurions pu couper par le raz de Sein et ainsi nous aurions été à l’abri en début d’après-midi.

La chaussée de Sein s’étire au large sur une douzaine de milles. Elle est limitée à l’Ouest par la cardinale Ouest appelée ‘Chaussée de Sein’ alors qu’il y a encore 76 m de profondeur. Cette cardinale marque le début d’une zone de roches sous-marines à plusieurs dizaines de mètres de profondeur qui créent des remous en surface. Entre cette cardinale et le phare de l’Armen, il y a plus de 5 milles. Les premières roches émergentes sont à 1 mille à l’Ouest de l’Armen.

L’orage est un danger impressionnant sur un bateau. Avec son mat conducteur, il pourrait attirer la foudre. Cependant, les bateaux foudroyés sont rares. En fait, sur mer, l’eau salée est beaucoup plus attractive. Si le foudre devait quand même toucher le bateau, elle descendra le mat et cherchera un chemin pour terminer sa descente vers l’eau. Toute l’électronique sera certainement détruite. Durant l'orage, pour protéger l'électronique portable (PC portable, smartphone, tablette, Lampe frontale, VHF portable, Iridium), il est conseillé de les stocker dans le four si vous en possédez un, il leur offrira un effet de cage de faraday. Enfin, personnellement, je vous conseillerais de ne pas vous attarder trop longtemps près du mat. Sur le First 31.7, le mat traverse le carré et est boulonné sur la quille en plomb. L'énergie devrait donc être canalisée de haut en bas et ne pas créer de voie d'eau dans le coque, le scénario dramatique redouté.

Audierne était réputé pour la barre à l’entrée du port qui pouvait menacer la verticalité des bateaux. Il me semble que ce phénomène n’est plus problématique aujourd’hui. Les travaux du chenal d’accès ont probablement permis de résoudre cette difficulté.

Le First 31.7 est un bon bateau. A partir de 2 nœuds de vent, il devient vivant. Au travers, il est déjà à 3 nœuds, donc inutile de mettre le moteur en route. A 5 nœuds de vent, le voila qu’il file déjà à 6 nœuds. Avec des vents favorables, le speedomètre affiche facilement 7 nœuds et n’est pas avare pour dépasser les 8 nœuds. Par vent arrière, il peut garder toute la toile jusqu’à 20 nœuds de vent sans prendre de ris. Au près, il ne faut pas hésiter à prendre un premier ris à 15 nœuds de vent. Puis, il garde des marges de manœuvre avec 3 ris dans la GV et le génois sur enrouleur. Ce dernier peut être remplacé par le tourmentin qui peut être installé sur l’étai largable.

La première photo représente le phare de la Jument qui marque le Sud-Ouest de la baie de Lampaul à Ouessant. Il est classé monument historique depuis 2017.

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La mairie de Ploubannalec près de Lesconil
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Une plage de Lesconil à l'Ouest du port
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La crêpe de sarrasin à Lesconil
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Le Raz de Sein coté continent
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L'îlot de Tévennec au nord du Raz de Sein
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Remous près du Raz de Sein
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L'arrivé à Ouessant. Le rocher Korz cache des trésors selon la légende. A gauche, le village de Lampaul. A droite, on distingue le phare du Stiff à l'autre bout de l'île. Quelques bateaux nous attendent au mouillage.
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Les rochers de Yusin
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La plage de Yusin
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Les goëlands raffolent des algues
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L'île Keller au nord de Ouessant
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Départ de Ouessant
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La trace du retour de Ouessant
La Chaussée de Sein s'étire vers le large bien au-delà de l'île de Sein sur une douzaine de milles.
Cette carte des courants 2h avant la pleine mer montre des courants du sud vers le nord très importants dans la chaussée de Sein. Il est donc indispensable de vérifier la direction réelle de l'avancement du bateau et de ne pas se limiter au compas. Le courant est particulièrement fort dans le passage du raz de Sein, ce qui interdit d'y passer à contre-sens pour un voilier. (Carte extraite du Bloc Marine)
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Commentaire

Compte-rendu Ouessant ... de LE BASTARD Alain (2 avis) - 08-08-21 11:57

Merci François pour ton compte-rendu toujours aussi agréable à lire, avec ses nombreux détails ...

Bonne continuation à vous deux.

Amitiés

Alain Le Bastard

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